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© Mads Dalegaard - Photographe : Ritzau Scanpix/AFP/Archives

jeudi 24 mai 2018

Hand: Klein veut soigner sa sortie avec Nantes au Final Four

Mads Dalegaard - Photographe : Ritzau Scanpix/AFP/Archives
La joie de l'ailier allemand Dominik Klein, qualifié avec le HBC Nantes pour le Final Four, le 29 avril 2018 à Skjern

Quelques semaines après avoir annoncé sa retraite en fin de saison, l'ailier allemand du HBC Nantes Dominik Klein aborde son 6e Final Four avec une "impatience encore plus grande cette fois que les précédentes".

"C'est une belle fin de carrière, un Final Four chez lui (à Cologne) avec, j'espère, le meilleur classement possible", glisse l'entraîneur Thierry Anti au sujet du joueur qui a contribué à faire grandir le "H".

Car quand Klein signe à Nantes en 2016, c'est un gros coup pour le club qui monte, qui monte...

En dix saisons avec Kiel, référence européenne des années 2000, l'ailier gauche a remporté huit titres nationaux et trois européens (2007, 2010, 2012), sans oublier le Mondial 2007 à domicile.

En fin de contrat, "Kiel ne m'avait proposé qu'un an, alors que j'avais encore l'âge de jouer plusieurs années", raconte-t-il à l'AFP.

- "Rester insouciant" -

Avec sa femme, Isabell Klein, arrière droite internationale allemande, ils décident de tenter leur chance à l'étranger.

"Signer à Nantes tous les deux et jouer dans la même ville, c'était vraiment un don du ciel. Il n'y a pas beaucoup d'endroits en Europe où c'est possible", souligne-t-il.

Le choix de Nantes, une force montante en Europe mais pas encore un +grand+, a surpris, surtout pour des handballeurs allemands peu enclins à l'expatriation, mais "dès la première journée, on a senti qu'on avait pris la bonne décision", se souvient-il.

"Je voulais continuer à jouer tous les trois jours au même niveau qu'à Kiel. Je voulais ressentir tous les trois jours cette ambition de gagner tous les matches et de m'améliorer. Et sportivement, je n'aurais pas pu rêver mieux que ce qu'on a fait ces dernières saisons", ajoute-t-il.

Ce n'est pas allé sans un petit temps d'adaptation: "ce ne sont pas les mêmes cultures au départ, sourit coach Anti, "les Allemands sont très rigoureux et des fois ils ont du mal à comprendre la fantaisie latine, mais sur la fin, il est devenu un peu plus latin".

SASCHA SCHUERMANN - Photographe : AFP/Archives
Dominik Klein, sous le maillot de Kiel, lors du Final Four face à Veszprem, le 28 mai 2016 à Cologne

Sur le parquet en tout cas, l’alchimie a été immédiate.

"On joue beaucoup de contres rapides, avec une grosse défense et un excellent jeu de transition - c'est vraiment ce qui me permet le mieux d'exprimer mes spécificités", reconnaît-il.

À Cologne, Nantes sera le Petit Poucet face à Montpellier et surtout Paris SG, son adversaire en demi-finale ou le Vardar Skopje. Une position qu'il affectionne.

"Notre attitude et notre jeu ne doivent surtout pas varier. Il faut rester insouciant et jouer à fond, c'est comme ça qu'on pourra gagner", assure le Bavarois.

- "Sentir quand c'est le bon moment" -

Mais comment "être insouciant" quand on sait qu'on ne rejouera jamais plus à pareil niveau ?

"C'est spécial de le vivre une dernière fois en tant que joueur et parce que c'est une telle surprise. C'est vraiment un rêve qui se réalise de pouvoir y retourner avec Nantes. On se réjouit beaucoup plus intensément pour tout ce qu'on vit quand on sait que c'est pour la dernière fois", précise-t-il.

Annoncer sa retraite "n'a absolument pas été difficile", assure-t-il encore.

"Ce n'est pas une décision prise du jour au lendemain. C'était un processus discuté en famille depuis longtemps. Il faut sentir quand c'est le bon moment. C'est comme un puzzle dont les pièces se sont mises en place", explique-t-il en référence notamment au deuxième enfant que le couple attend pour septembre.

Ambassadeur munichois pour le Mondial 2019 en Allemagne, Klein ne quittera pas le handball.

"La reconnaissance est la plus grande valeur qu'on m'ait transmise dans ma famille et je veux rendre ce qu'on m'a donné", explique-t-il.

Il prendra néanmoins le temps de savourer son nouveau statut. "On a envie de très longues vacances (...) Avoir la tête libre pour faire des choses auxquelles on devait renoncer, c'est ce qui me réjouit le plus", avoue-t-il dans un sourire.